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LES VAMPIRES

 

 

Cette page à été réalisé avec les textes venant du site suivant avec son autorisation : http://www.ifrance.com/strangeangel/texte/vampire.html

 

 

Depuis le Xeme siècle av. J.C. jusqu’à nos jours la vision chrétienne de la mort, selon laquelle l’âme quitterait le corps mort pour continuer a vivre dans un autre monde en attendant le Jugement dernier, a vivement frappé l’imagination populaire : en effet, plusieurs livres prophétiques de la Bible consacrent une attention plus particulière a la résurrection des morts. Quant a la procédure du Jugement dernier, l’Apocalypse de Jean fournit de précieux renseignements: tous les morts inscrits sur le livre de vie sont juges selon leurs œuvres; les excommunies et les suicides, ainsi que ceux qui n’ont pas été baptises sont jetés dans l’étang de feu.
Que deviennent alors ces derniers après leur mort, si les portes de l’enfer et du paradis leur sont fermées et les théologiens catholiques n’ont pas encore invente le purgatoire ? L’église catholique du Moyen Age résout habilement le problème en affirmant que les cadavres des impies sont habites par le démon et donc ne se corrompent pas. Ainsi, approuvée par l’église, la croyance populaire aux morts-vivants prend de l’ampleur a partir du XIIeme siècle dans l’Europe chrétienne, ou elle suscite une véritable polémique quant a l’existence réelle des revenants en corps.

 

 L'origine des vampires
Le mythe du vampire est quasiment universel, chaque pays, chaque époque, ou presque, a eu son vampire.
Dans la Bible, il est dit que Moïse lui-même défendait d'invoquer les esprits, par crainte de voir les morts revenir à la vie. Par ailleurs, on trouve une référence au roi David qui " reprenait des forces " en absorbant la chaleur de ses jeunes esclaves pendant leur sommeil. Autre créature biblique, Lilith, redoutée et haïe dans la religion hébraïque, était censée s'abreuver tel un vampire au corps des hommes., tout comme sa horde de succubes.
Dans la mythologie grecque, plusieurs divinités étaient pourvues des attributs du vampire, comme Circé, par exemple, qui avait la réputation de concocter des philtres magiques à base de sang humain. Médée, quant à elle, avait aussi la faculté de rajeunir quiconque selon son bon vouloir en lui faisant absorber une décoction à base de sang. Homère, dans l'Odyssée, rapporte qu'Ulysse, lui-même initié par Circé, fut amené à célébrer des sacrifices de sang…d’ailleurs, la Grèce nous a laissé ses légendes de Buveurs de vie et de sang, ainsi que l'Empire Romain, l'Assyrie, l'Egypte, la Gaule... Partout esprits, dieux et démons partagent le quotidien de l'Homme. Le Buveur de Vie y a évidemment sa place, spécialité maladies étranges. Cependant il n'a pas de forme précise, il est confondu avec d'autres, fait partie de cette horde de forces inconnues auxquelles l'homme est confronté. Pour le trouver, il faut rechercher aussi bien les histoires de morts-vivants que les sacrifices sanglants à des créatures surnaturelles, et les récits de ceux qui augmentaient leur puissance en mangeant leur semblables. Mais ce qui fait le vampire est déjà là. On le craint. On élabore des rites funéraires destinés à combler le mort pour l'empêcher de revenir. On fait des offrandes aux dieux sanguinaires.
Ainsi, chez les Aztèques, on sacrifiait aux dieux un grand nombre de jeunes gens, chez les Incas, le Dieu Tezcalipoca était considéré comme le dieu des créatures infernales dont faisaient partie, entre autres, les vampires. En Inde, la déesse Kâli est bien connue pour son goût du sang et des sacrifices humains, de même que Baal (ou Belphégor) chez les Phéniciens, les Carthaginois et les Égyptiens à qui l'on sacrifiait régulièrement des enfants afin d'obtenir des récoltes abondantes ou de mettre ses ennemis hors d'état de nuire.. Les Huns, quant à eux, répandaient le sang de leurs ennemis sur le sol du pays qu'ils souhaitaient coloniser pour en fertiliser la terre. Les Scythes buvaient le sang de leurs chevaux. Plus récemment, on retrouve certains rites magiques d'anciennes ethnies d'Afrique (les Zoulous en particulier), d'Australie, d'Amérique (les Indiens d'Orégon) ou de Chine, recommandaient de boire le sang des ennemis vaincus afin de s'approprier leur force. Beaucoup plus près encore, en France, au début du siècle, il était recommandé aux personnes anémiques d'aller boire régulièrement un bol de sang frais aux abattoirs de Paris pour se soigner.

 

Le vampire dans l'histoire
Du Moyen Age au XVIIIe
Au fur et à mesure que la chrétienté se répand, la vision est plus simple : tous les dieux d'autres cultes deviennent des démons.
A ce sujet, l'église chrétienne du Moyen-Age ( surtout entre le Vème et le Xème siècle) a eu recours à l'assimilation des principes des divinités "étrangères" , ainsi que des légendes populaires, afin de faciliter la fusion des individus dans la religion catholique. Devenus des anges ou des saints, les dieux originels virent leurs noms relégués à un bestiaire démoniaque et leur symbolique "recyclée". A partir du Vème siècle, les "Capitulaires" condamnent à mort le paganisme, et marquent le début de la persécution de ceux qui refusent toujours le dieu unique. La population est terrorisée par les visions infernales de Jugement Dernier.
En 781, un Capitulaire saxon dénonce des cultes dits diaboliques, et interdit définitivement les festins de chair humaine et les rites magiques. Les Buveurs de Sang sont pourchassés sans distinction, disparaissent presque.
En 1031, l’évêque de Cahors évoque dans le Concile de Limoge le premier cas de vampirisme recensé depuis longtemps. Il s'agit du corps d'un soldat qui avait refusé les Saints Sacrements, et qui était retrouvé hors de terre à chaque tentative d'enterrement dans un cimetière consacré. Le corps ne trouva la paix que lorsque des amis l'ensevelirent en terre profane.
En 1484, le pape Innocent VIII reconnaît officiellement l’existence des morts- vivants en approuvant la publication de Malleus Maleficarum, ouvrage de deux dominicains contenant toutes sortes de récits sur des défunts, généralement des excommunies. En effet, la croyance aux morts-vivants représente une excellente occasion pour raffermir l’autorité de l’Eglise : sujets du vampirisme deviennent uniquement les exclus de l’Eglise ou les débauchés, dont les caractéristiques physiques coïncident trop avec celles des morts-vivants au teint jaunâtre, décharnés, malodorants.
Les premiers écrits mettant en scène l’apparition du mort-vivant et ses agissements dans le monde des vivants, sont œuvre de deux auteurs britanniques du XIIeme siècle, Map et de Newburgh qui, dans leurs chroniques, rédigées en latin, rapportent divers écrits concernant l’existence de défunts sortant la nuit de leur tombe, afin de tourmenter leurs proches et de leur sucer le sang. A l’ouverture de leur tombe, on trouve les cadavres intacts et maculés de sang. Pour les arrêter, le seul moyen est de transpercer les corps morts a l’aide d’une épée.
Cette description regroupe déjà une grande partie des caractéristiques du vampire , revenant fait de chair et d’os (contrairement au fantôme) qui se déplace la nuit pour se nourrir du sang de ses proches. Cependant, on ne retrouve pas la transmission du vampirisme aux personnes mordues. A ce moment-là, on ne parle pas encore de vampire mais de cadaver sanguisugus.
On retrouve déjà quelques cas de vampirisme : En 1337 et 1347, deux vampires furent découverts, empalés puis réduits en cendres puis, de 1346 à 1353, une épidémie de peste noire s'abattit sur l'Europe, on croyait que la maladie flottait dans l'air comme la brume et s'abattait sur ses victimes, et qu'elle disparaissait au son des cloches de l'église. Enfin, en 1414, Sigismond de Hongrie (1368/1437) fait reconnaître officiellement les vampires par l'Eglise Orthodoxe, lors du Concile œcuménique. En 1520, on recense 30 000 cas de lycantropie (toujours confondu avec le vampire). C'est une psychose générale, et l'Eglise décide d'ordonner une enquête officielle sur ce phénomène qu'elle considère encore comme une superstition dénuée de tout fondement. En effet, depuis le Xème siècle, l'Eglise freinait les assimilations des légendes à au culte, celles-ci ayant tendance à trop le détourner de son austère but original de pureté spirituelle. Il fallait à présent des années, voire des siècles, avant que ne soit reconnu un nouveau saint, ou un miracle.
En 1552, une réforme officialise le vampire, et donne les moyens de le détruire, et de prévenir sa prolifération. Puisqu'on a demandé son avis à l'Eglise Catholique Romaine, elle va répondre, après bien des hésitations : les vampires sont selon elle des excommuniés, à qui Dieu refuse le repos éternel de l'âme : les symboles de la foi seront les armes contre eux. L'existence du vampire est désormais soutenue "officiellement", et au lieu d'en venir à bout, cette validation va encourager ses apparitions et "codifier" quelque peu sa destruction.

 

Le XVIIIe
Après une certaine accalmie, le vampire revient en en cette fin du XVIIème, et une nouvelle vague de chasse aux vampires déferla, qui correspondait à peu près à l'époque des plus importantes chasses aux sorcières de l'histoire du Christianisme.
Dans les salons littéraires, on aime se faire peur : c’est la période du Gothique, ou Roman noir, et le diable fait partie des sujets de prédilection. Les traités de voyageurs qui sont allés à l'est, où le vampire s'est "institutionnalisé", se multiplient. Dans les campagnes, la peur règne, la population rurale est en proie à une sorte d’obsession morbide qui tourne à la panique ... On voyait des vampires partout, les polémiques concernant leur existence réelle battaient leur plein.
Le terme même de " vampire " apparaît pour la première fois dans un document officiel vers 1725 en Hongrie, dans un rapport fait par les autorités autrichiennes à propos d'un paysan nommé Peter Plogojowictz, accusé d'être réapparu après sa mort et d'avoir causé le décès de huit personnes dans son village natal de Kizilova. En France, c'est en 1732, à la suite d'une affaire similaire, le cas d'Arnold Paole accusé des mêmes maux, que le terme de vampire apparaît officiellement dans un article de la revue franco-hollandaise, Le Glaneur, traitant de ces deux cas. Ces deux affaires de vampirisme devaient donner naissance à une longue liste de non-morts attestés par l’Eglise, liste attestée lors du Concile de 1414, et les autorités locales, et ce dans toute l'Europe, jusqu'au XVIIIe siècle qui, malgré son appellation de Siècle des Lumières, vit une recrudescence étonnante de l'obscurantisme exacerbé à propos des cas de vampirisme.
Le terme de " vampire " n’apparaît qu’en 1746 dans la Dissertation sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, sur les revenants et les vampires de Don Augustin Calmet.
Dans un autre ouvrage du même auteur- Vampires de la Hongrie et de ses alentours (1749), on trouve la définition suivante du vampire : " Les revenants de Hongrie, les vampires, sont des hommes morts depuis un temps considérable, quelquefois plus, quelquefois moins long, qui sortent de leurs tombeaux et viennent inquiéter les vivants, leur sucer le sang, leurs apparaissent, font le tintamarre a leur porte et enfin leur causent la mort. "
D’où vient ce mot de vampire ? Il existe plusieurs étymologies possibles : le terme "vampire ", tel qu’il est orthographie aujourd’hui, serait emprunte a l’allemand vampir, dérive du serbe vampir, mort qui viendrait du mot turc uber, qui signifie sorcière ; ou alors, il proviendrait de la forme du slavon opir. Cette forme s’est conservée dans la langue serbe moderne, ou l’on rencontre le verbe piriti (se gonfler, s’enfler). Cette théorie semble très plausible, si l’on prend en considération les différentes représentations du vampire dans l’imaginaire slave.
C’est, en effet, dans les pays de l'Est, particulièrement en Hongrie et en Roumanie que les cas de vampirisme furent les plus fréquents. En effet, la mythologie de ces pays regorge de créatures infernales censées réapparaître sur terre une fois par an, la nuit de la Saint-André (30 novembre), et pendant laquelle toutes les créatures de l'enfer, et en particulier les vampires, peuvent surgir et se lancer dans des batailles aériennes dont l'issue pouvait apporter la prospérité au pays, ou à l'inverse, les pires épidémies. L’apparence fréquemment attribuée au vampire par ces populations bulgare et serbe, est celle d’une outre vivante, remplie de sang, et qui roule par terre. Le vampire cause de différents dégâts :il chevauche le bétail, boit son sang et s’attaque parfois aux humains. Le seul moyen de l’éliminer est de le percer avec une aiguille, une épine, un clou ou tout autre objet aigu. Meme lorsqu’il emprunte une apparence humaine, la seule façon de le détruire reste de le transpercer. Dans ce cas, de son corps gélatineux et sans aucun os, s’écoule tout le sang qu’il a absorbe.
On assista, tout au long du XVIIIe siècle en l’Europe, à de nombreuses épidémies virulentes qui dévastèrent une grande partie de la population des villes et des campagnes. On peut citer en particulier la grande peste de 1720 qui, partie de Marseille, fit des milliers de victimes, et se propagea aussi bien en Pologne, qu'en Hongrie et autres pays limitrophes, pour remonter jusqu'à Moscou. Trois ans plus tard, en 1723, ce fut le tour de Lisbonne de connaître une violente épidémie de fièvre jaune qui s'étendit également à toute l'Europe, de même qu'une épidémie de variole qui décima une grande partie de la population enfantine. En 1783, une seconde épidémie de peste ravagea à nouveau l'Europe de l'Est, alors que les premiers cas de choléra allaient déferler sur le continent au cours du siècle suivant, venant de l'Europe orientale pour se répandre avec une rapidité fulgurante dans toute l'Europe occidentale, sans oublier la tuberculose responsable elle aussi de nombreux décès.
Ces épidémies répétées étaient évidemment la conséquence de l'accroissement des échanges de population liés aux progrès importants des moyens de transports, mais elles furent attribuées, surtout dans les régions les plus reculées comme l'étaient alors les pays d'Europe de l'Est (en majorité des communautés rurales) à des causes irrationnelles, dont le vampirisme apparaissait comme l'explication la plus plausible, renforcée par les légendes et les superstitions des pays touchés. D'autres facteurs de maladies infectieuses étaient les animaux sauvages qui propageaient diverses maladies, en particulier la rage, d’autant plus que les animaux d'élevage (bœufs, moutons) pouvaient aussi transmettre des maladies à l'homme comme la maladie du charbon. Celle-ci, en effet, contamine quiconque mange de la viande infectée insuffisamment cuite. Bien que naturelles, ces épidémies furent mises sur le compte de créatures sorties de la tombe pour venir infester les vivants.
De là, fleurirent de nombreux moyens plus ou moins archaïques pour se protéger du vampire : on entourait portes et fenêtres de fleurs d'ail (comme dans l'Antiquité), ou de façon plus radicale, on déterrait le cadavre accusé d'être un vampire pour lui couper la tête et lui enfoncer un pieu dans le cœur. Ainsi, à Vienne en 1732, 17 cadavres furent jugés pour vampirisme, condamnés, décapités et enfin brûlés et ,en 1755, on assiste à un procès contre 7 morts en Moldavie. Ces expéditions punitives sur les morts furent fréquentes et développées au cours du siècle à tel point que les autorités des différents pays concernés furent amenées à prendre de mesures interdisant le recours à ces pratiques : en 1755, Marie-Thérèse d'Autriche ordonna une enquête sur le phénomène auprès d’un collège d'experts physiciens afin de rationaliser le problème. De son côté, le pape Benoît XIV, qui avait d’abord dénoncé le vampirisme avant de se rétracter, se déclara lui aussi choqué par ces profanations répétées et interdit toute cérémonie d'exorcisme visant à exhumer un cadavre dans un cimetière, déclarant qu'un corps conservé dans la terre ne relevait ni de Dieu, ni du diable, mais qu'il constituait un simple fait biologique.

 

Le XIXe
A cette époque, le Vampire n’est plus accusé d’engendrer les calamités, maladies et épidémies, et privé de ce rôle essentiel, il aurait dû disparaître à jamais. Mais ce n’est pas le cas, il réapparaîtra en Angleterre prise dans la logique d’une révolution industrielle doublée d'un froid matérialisme rigide et étouffant. Au milieu d'une société qui réprimait tant l'âme humaine, la littérature replongea directement ses racines dans ce qui n'était plus que folklore. Le Fantastique, populaire depuis le XVIIIème, et renouant avec les démons familiers de l'âme, devint un moyen de se soustraire à cette réalité oppressante, et se fit porte-parole de l'inconscient . Le vampire se retrouva ainsi investi d’une nouvelle mission, à savoir exalter nos peurs déguisées sous couvert de la fiction fantastique. D'abord sous la plume de Polidori ("The Vampyr", 1819 et sa suite française "Lord Ruthven et les vampires" par Cyprien Berard, de 1820), puis sous celle de LeFanu ("Carmilla", 1872). Mais il est aussi présent dans quelques études (les ouvrages de Montague Summers (1880/1948), ou un article dans le "Dictionnaire infernal" de Collin de Plancy, qui raconte l'histoire du vampire Harppe). Mais il existe cependant quelques cas de vampirisme, comme, par exemple, en 1871, celui de Croglin Grange, qui fut romancé par la suite.
Mais l’apogée du vampire en cette fin du XIXe siècle reste sans conteste le célébrissime " Dracula ", de Bram Stoker. (1892) :le roman, basé sur de nombreuses recherches sur les ouvrages du siècle précédent, et, bien que l'auteur ne se soit jamais rendu en Transylvanie, ce roman porte en lui la force des anciennes croyances, mais il les réduit néanmoins de façon involontaire à une caricature de ce qui fut le Voleur de Vie. Le succès du "Dracula" entraîna de nombreuses adaptations cinématographiques, citons, entre autre, "Nosferatu" de Murnau (1922), ou "Dracula" de Ted Browing, premier film parlant sur les vampires (1931) au "Bram Stoker's Dracula" de F.F. Coppola (1992), plus d'une centaine de films sont consacrés au célèbre Comte. Cela acheva de répandre le Nosferatu et d'effectuer le remplacement des autres formes de vampires dans les esprits.

 

Le vampire dans la littérature
Evolution du genre
Le vampire a longtemps inspiré la littérature, on le retrouve dans de très nombreux ouvrages venant de tous les coins du monde. Bien que dès Homère se trouvent évoquées des figures proches du vampirisme telles que Circé, il faut attendre le XVIIIe siècle pour voir se développer le mythe, c'est-à-dire en plein siècle des Lumières : les premiers textes importants s'inspirant du thème du vampire sont, la Lenore de Bürger (1773) et La fiancée de Corinthe de Goethe (1797), mais le mythe du vampire se développe surtout avec le romantisme : dès 1819 parait l'un des premiers textes fondateurs de la longue lignée d’œuvres inspirées par ce thème, Le Vampire de Polidori, longtemps attribué à tort à Byron et qui sera adapté pour le théâtre par Charles Nodier en 1820 et Alexandre Dumas en 1852. Puis, suivra, entre autre la célèbre Morte amoureuse de Théophile Gautier en 1836 et en 1847, Thomas Prieskiett de publie Varney the Vampire, or the Feast of Blood. En 1866, Baudelaire écrit son fameux poème, Les métamorphoses du vampire, dans son célèbre recueil Les fleurs du mal qui déchaînera les foudres de la censure. Lautréamont, en 1869, connaîtra le même problème : poète fasciné par les chants funèbres du vampire, il publie Les chants de Maldoror, tandis que, la même année, Prosper Mérimée écrit Lokis, belle histoire de passion vampirique qui se déroule en Dalmatie. Mais c'est en Irlande, en 1871, que parait le roman fondateur qui ouvrira une nouvelle voie au genre, en mêlant à un érotisme diffus une ambiguïté rarement atteinte jusque-là : Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu dont s'inspirera Stoker quelque vingt-six ans plus tard, en 1897, pour donner définitivement ses codes au genre avec Dracula, désormais roman et personnage de référence pour tout ouvrage traitant de vampirisme.
Avec le XXe siècle, le mouvement se poursuit, le thème du vampire continue d’inspirer les auteurs, même si on assiste à une certaine dégénérescence. De nombreux concurrents au Dracula de Stoker font pourtant leur apparition, mais c’est surtout au cinéma que l’on retrouve le personnage de Dracula, sous les traits de Pela Lugosi ou Christopher Lee ou dans les romans de que Fred Saberhagen, Peter Tremayne et Robert Lory ; Richard Matheson tente de donner un nouveau souffle au genre avec, Je suis une légende, mais il faudra attendre les années 80 pour qu'un nouveau vampire arrive à la hauteur de Dracula : le personnage désormais mythique de Lestat naît sous la plume de l'Américaine Ann Rice, dans sa Chronique des Vampires, ce personnage haut en couleur affiche sereinement son homosexualité ; mais, à la différence de Dracula, les aventures de Lestat se déroulent sur plusieurs romans.

 

Les différentes figures du vampire
Omniprésent dans la littérature fantastique du XIXe, le vampire a toute une gamme complexes de visages tout aussi différents que complémentaires, car le mythe a évolué en fonction de la mode des époques qu’il a traversé.
La figure classique est celle d’un aristocrate d’un certain âge, le plus souvent étranger (par rapport à l’accent et la xénophobie), bien habillé et doté d’un grand pouvoir de séduction , malgré ses mœurs quelques peu douteuses…Il évolue dans une ambiance gothique (cimetière, ruelles sombres, château dans les Carpathes…), au XIXe et préfère attaquer de jeunes gens désœuvrés de l’aristocratie et de l’Eglise ; à toutes ces caractéristiques s’ajoute sa grande puissance. Le Comte Dracula et Lord Ruthven ( Die Vampyr d’Hoffman) en sont de très bons exemples.
A ce modèle s’ajoute le vampire dit " romantique " qui se caractérise par son jeune âge (entre 25 et 35 ans), il est déchiré par sa double nature de monstre et d’humain, il pleure sur son humanité perdue et cherche désespérément une rédemption au mal qui l’habite, car un vampire est très agressif quand il s’énerve. Il cherche tant bien que mal une raison de vivre qui lui permettra de supporter son immortalité. C’est un contemporain qui souffre de douloureux flash-back, le meilleur exemple de ce genre de vampire est Louis dans la Chronique des Vampires.
Nous avons ensuite les vampires asociaux, au physique banal, d’âge moyen, d’apparence moyenne, qui se sont volontairement exclus de la société et souhaitent passer inaperçus, il subissent leur état en tenter de s’en sortir le mieux possible comme Mae dans Near Dark. Complètement opposés à ce modèle viennent ensuite les vampires rebelles, tendance gothique ou punk, familiers de l’univers underground et symbolisent une image assez distroy s’illustrant dans les excès en tout genre: sexe, alcool, drogue, le tout sur fond de look rebelle et de violence gratuite car, pour eux, la vie de vampire est un jeu et il doivent s’éclater à fond, comme Zillah dans Lost Souls.
Dans une catégorie très différente, nous avons aussi l’archétype du vampire enfant dont le plus célèbre est très certainement le personnage fascinant de Claudia dans Entretien avec un Vampire. Ces créatures posent le problème de l’enfance : passé leur centième anniversaire, peut-on encore les considérer comme des enfants ? Certains restent enfants à jamais et ne posent pas de problème mais ce cas est très rare et les autres, prisonniers de leur corps d’enfants souffrent d’une personnalité complexe et paradoxale et non moins cruelle.
Enfin, citons le cas très célèbre du vampire zombie : le vampirisme ne leur a pas laissé de cerveau et, aveuglés par leur faim, ils sautent sur tout ce qui bouge, y compris des membres de leur ancienne famille.

 

Lord Byron
Lord Byron est à l'origine de l’approfondissement du mythe : dans Le Giaour, il fait une allusion aux vampires. Surtout, il va inspirer John William Polidori pour son ouvrage Le Vampire (1819) dont Goethe pensait, sans doute à tort, qu'il avait été écrit par Byron lui-même. Ce qui semble sûr, c'est que Byron fournit à Polidori l'idée du livre, Polidori allant même plus loin en faisant de son vampire, Lord Ruthwen, une satire de Byron...

 

Bram Stoker
Ecrivain et homme de théâtre irlandais, né à Clontarf (Dublin) en 1847, mort à Londres en 1912, Bram Stoker donna ses lettres de noblesse au mythe du vampire. Fils d'un père fonctionnaire et d'une mère militante des droits de la femme, le jeune Stoker passa ses premières années miné par de nombreuses maladies et écoutant, pour passer le temps, les nombreuses légendes celtes que lui racontait sa mère. En 1864, miraculeusement guéri, il entre à l'université de Dublin, Trinity College, où il fait de brillantes études et C'est l'époque où il établit une correspondance suivie avec le poète américain, Walt Whitman dont il admire les œuvres, et qu'il rencontrera de nombreuses années plus tard, aux États-Unis, au cours d'une tournée du Lyceum Theatre. Il s'intéresse au théâtre et devient chroniqueur dans l'un des principaux journaux dublinois, The Dublin Mail. Cette nouvelle activité lui vaut d'être introduit dans la meilleure société de Dublin, et c'est ainsi qu'il est admis chez les Wilde (Sir William Wilde et sa femme, Lady Jane, connue sous le nom de plume de Speranza) dont le fils, Oscar Wilde, deviendra l'un des plus grands poètes de son temps. C'est à l'une de leurs soirées que Stoker fait la connaissance de Joseph Sheridan Le Fanu dont le roman Carmilla le fascinera au point qu'il s'en souviendra de nombreuses années plus tard pour écrire Dracula. Mais la rencontre capitale sera celle d'Henry Irving, véritable coqueluche de l'époque qui lui confie la charge du Lyceum Theatre dont il est le directeur. Dès lors Stoker devient le bras droit d'Irving et porte sur ses épaules la responsabilité de l'entreprise, tant au niveau artistique qu'administratif ou financier.
Parallèlement, Stoker continue d'écrire (nouvelles, romans, articles dans les journaux). En 1882, il publie son premier recueil de nouvelles fantastiques, Au-delà du crépuscule, des contes pour enfants dédié à son fils Noël, puis en 1897 Dracula, éclipsant à peu près complètement les autres types de vampire. Il décrit son comte Dracula comme un géant aux cheveux roux, c'est-à-dire comme lui-même, en bon irlandais qu'il était. C'est en tout cas Bram Stoker qui donne ses lettres de noblesse au mythe et en dessine les traits essentiels : absence de reflet du vampire, répulsion envers l'ail, les croix, la lumière, importance de la vie nocturne, journées passées dans son cercueil.
À sa parution les critiques le compareront à Frankenstein, à certaines nouvelles d'Edgar Poe, et seront unanimes à trouver dans ce roman un summum de maîtrise dans l'épouvante et la terreur. Sans doute ces ouvrages eurent-ils une influence sur son imaginaire en écrivant Dracula, comme purent en avoir encore d'autres œuvres fantastiques comme Le château des Carpates de Jules Verne, Une journée à Fontenay-aux-Roses d'Alexandre Dumas père, Le Moine de Lewis ou encore les Contes d'Hoffmann, et avant tout Carmilla de Le Fanu, mais aussi ses recherches au se British Museum où il consultera de nombreux ouvrages, des études sur les mythologies anciennes, des guides de voyages, des cartes géographiques. Car contrairement à ce que l'on pense, Stoker n’a jamais mis les pieds en Transylvanie et effectua tout son travail de repérage et de recherches à la salle de lecture du Museum. Il fera également de Sir Richard Burton, célèbre voyageur qui lui rapportera diverses légendes arabes sur les vampires et auquel Stoker empruntera quelques traits physiques pour décrire le personnage de Dracula.
Stoker publiera d'autres ouvrages par la suite mais aucun n’égalera la magie et le succès qui ont fait la gloire de son roman phare. Atteint du mal de Bright, Bram Stoker s'éteindra au mois d'avril 1912 dans sa calme demeure de St. George's Square, au centre de Londres.

 

Anne Rice
Anne o'Brien naît, le 4 Octobre 1941 à la nouvelle Orléans où elle va passer toute son enfance. Cette ville croulant sous la chaleur infernale et fragilisée par les épidémies, où se côtoient espagnols, français et caraïbes, le mélange de genre qui lui a sûrement inspiré son exotisme (Lestat est avant tout français). Rice aime explorer les façades néoclassiques, le vieux quartier français, les cimetières désaffectés, les bibliothèques en compagnie de son père ou de sa sœur aînée. Elle subie aussi l'influence de sa mère Catherine, femme exaltée, romanesque et alcoolique.
Très jeune, elle s'invente des histoires complexes, bourrées de personnages ainsi que des pièces. Anne lit les philosophes du soupçon, ainsi que les existentialistes français, ce qui influença le message donné dans Entretien avec un vampire. Mais la leucémie et le décès de sa petite fille Michèle en Août 1972 pulvérisent à jamais sa croyance en un dieu d'amour et de miséricorde: elle a la conviction que la mort n'apporte rien au mystère de la vie et qu'il n'y a pas d'issue, idée que l’on retrouve dans la bouche de Lestat ; c'est d’ailleurs de cette épreuve que naîtra Entretien avec un vampire.
Si les critiques et bon nombre de ses lecteurs en ont fait la "Reine des Vampires", il ne faut pas résumer son œuvre à cette seule chronique, elle a réalisé un travail similaire sur des sorcières implantée à La Nouvelle Orléans, entre autres. Mais il est indéniable que, lorsque parait Entretien avec un vampire en 1976, elle révolutionne le genre et apporte un renouveau certain au mythe vieillissant du Vampire, personne n'ayant réussi à se défaire et, surtout, à surpasser le Dracula de Stoker jusque là. Près d'un siècle après sa parution, Anne Rice réussit l'exploit de ne pas nous offrir une version à peine revisitée du sanguinaire, cruel et démoniaque Comte mais nous entraîne dans la Nouvelle-Orléans du XVIII ème siècle à la rencontre de personnages attachants et fascinants que sont Louis, Lestat, Claudia...bien loin des images des créatures assoiffées de sang, que l’on rencontrait habituellement dans ce genre de roman.

 

Le vampire dans l'Europe de l'Est
Le mot vampire est rarement utilisé dans la langue roumaine. Le nom généralement employé est strigoï. Le vampirisme, tel que l'ont popularisé les films d'épouvante, par succion du sang, reste relativement rare. Mais le strigoï n'en tente pas moins de tuer les vivants. C'est généralement une créature à mi-chemin entre l'humain et le démon et qui participe à la double nature de l'homme et du diable.
En tant qu'humain, il peut parcourir la terre et voler dans les airs, chevaucher les nuages et apporter la grêle, choses interdites aux démons, car le strigoï est né de parents baptisés. En tant que démon, il représente un antimonde, un univers contraire à celui de la vie, où les sentiments sont transformés en leur contraire et où la beauté devient monstruosité.
Ainsi, le strigoï tentera tout d'abord de tuer les membres de sa famille, ses parents et ses enfants, car ce sont ceux qu'il aimait le plus de son vivant. De ce point de vue, les strigoïacas sont particulièrement craintes, car l'amour qu'ont généralement les femmes pour les enfants les pousse à les tuer d'abord.
Il faut, bien entendu, partager les strigoïs en deux catégories bien distinctes: ceux qui se trouvent l'être dès leur première vie et ceux qui le deviennent après leur mort. En réalité, si la plupart des strigoïs naissent en tant que tels, un certain nombre d'individus peuvent le devenir, soit par malédiction, soit parce qu'ils ont pratiqué la magie noire ou commis des crimes, soit parce qu'ils ont eu le malheur qu'on leur vole leur ombre ou parce qu'un chien ou un chat sauta sur leur corps avant l'enterrement.

 

Les attributs du vampire
C'est bien beau, tout ça, mais alors, qu'est ce que c'est vraiment, un vampire?

Comment devient-on vampire?
Il y a plusieurs façon de devenir un vampire, on peut naître vampire ou le devenir, de son vivant ou après la mort. D’après les croyances populaires, ceux qui deviendront vampires naissent :
- coiffés de leur placenta
- maudits par la sage-femme, ou par quelqu'un d'autre
- chauves
- avec des yeux très clairs ou très foncés
- avec une forte pilosité, et dont les sourcils se rejoignent
- roux
- avec 3 mamelons, ou toute autre tare physique
- avec une queue poilue, avec des dents dans la bouche
- avec des tâches rouges sur le corps
- 7ème fils ou fille d'un 7ème fils ou fille
- d'une mère sorcière ou ayant couché avec des démons
- sans cloison nasale ou ayant été conçu le jour d'une fête religieuse.
Ensuite, on peut devenir vampire de tout autre façon, comme par exemple les shamans vampires, qui le deviennent volontairement ou les Sorciers devenus esclaves des démons qu'ils ont invoqués, sans parler des vampires passifs, mordus par un vampire actifs qui deviendront actifs à leur mort. Certains individus deviennent vampires après leur mort, parce que :
- il ne sont pas baptisés
- ils ont été excommuniés
- sont morts violemment
- se sont suicidés
- sont des apostats
- ont été maudits par leurs parents
- sont tombés du côté gauche du chariot (dans la religion musulmane)
- on leur a dérobé leur ombre(on vole l'ombre de quelqu'un en la clouant au niveau de la tête sur un mur)
- alors qu'ils ont été mordu par un vampire au cours de leur vie
- une fois morts, on a exposé leur corps à la lumière
- morts, leur corps a été foulé par un chien ou un chat
– le corps a été enterré près d’une sépulture de vampire
– le cadavre est possédé par un esprit ou un démon aérien

 

Les attributs du vampire : apparence et pouvoir
Comment reconnaît-on un vampire quand on en voit un ? Tout d’abord, il a l’apparence d’un cadavre déformé, avec des griffes( les ongles et les cheveux continuent de pousser après sa mort), crocs, poils et une couleur de peau pour le moins étrange, il est très maigre mais redevient gros quand il se gorge du sang de ses victimes qui lui coulent du nez et des oreilles ; par ailleurs, il a mauvaise haleine et répand tout autour de lui une odeur fétide. Mais malgré son apparente fragilité, il possède une force colossale et se déplace extrêmement vite et ses sens très développés lui permettent de voir dans le noir. Entre autres pouvoirs, il peut aussi se transformer en n’importe quel animal et peut même muter en forme vaporeuse lui permettant de se glisser à travers de petits interstices, il possède aussi un pouvoir hypnotique, peut aussi se rendre invisible et quitte sa tombe sous la forme de corps astral, permettant à son corps physique de rester à l’abri dans la tombe. Il mastique la terre de son tombeau ou même sa propre chair, il propage des épidémies en grognant du fond de sa tombe, il possède, en outre, une forte sexualité, son sang est un contrepoison contre sa propre morsure et la lune le régénère. Ses animaux évitent sa sépulture, ce qui peut être aussi un bon indice, tout comme l’absence de reflet et d’ombre car le vampire en est privé ; il aime faire peur aux hommes, il fait des farces en poussant des cris stridents et en frappant aux portes, tout en énumérant les noms de ceux qui vont mourir.

 

Les limites du vampire
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le vampire a aussi ses faiblesses. D’après les légendes populaires, le vampire est une créature nocturne, donc il est plus vulnérable le jour, d’autant plus qu’il est très rare de voir un vampire quitter sa tombe entre midi et minuit. Par ailleurs, il peut être incapable de traverser l’eau courant, il ne peut entrer dans les maisons sans y être invité et ne supporte pas la fleur d’ail. Il est quelque fois un peu maniaque, et est obligé de compter ce qu'on lui jette, comme du riz ou des clous, ou de défaire des nœuds qu'on aurait fait sur leur linceul, et dans ce cas est obligé de recommencer à compter chaque nuit.
Il peut ne vivre que 40 jours et est obligé de dormir toujours dans la même terre, éventuellement celle de son propre tombeau; selon les cultures, il craint toutes sortes d’objets .Sur ce dernier point, l'importance est mise sur la volonté, et la foi (la foi en ce que le chasseur croit, ou dans ce que le vampire croit). Les prières, les rites, les objets dits sacrés, tout cela ne vaut que si elles servent de catalyseurs contre la force psychique de la créature.
Par exemple le vampire christianisé ne supporte aucun symbole de Dieu : Croix, buis, aubépine, hostie et eau bénite le font reculer et le blesse, et il est incapable de mettre un pied dans une église. Il ne pourrait par ailleurs reposer qu'en terre non consacrée, ou dans les tombes de gens non baptisés, ou suicidés.

 

Se protéger d'un vampire
Lors d’un décès d’un supposé vampire, plusieurs moyens permettent de neutraliser la créature : tout d’abord, il faut enterrer le cadavre sur le ventre car, lorsque le vampire creusera la terre pour sortir, il s’enfoncera, au contraire, plus en profondeur ; pour plus de sécurité, on peut aussi clouer le corps au cercueil, placer une gousse d’ail, une hostie ou un autre objet protecteur sur son corps pour l’immobiliser dans la tombe. Mais ce n’est pas tout, on peut aussi déposer des pièces dans la bouche ou dans la tombe afin de payer le passage dans l’au-delà, déposer du riz, des graines, clous, pétales de fleurs dans le cercueil car le vampire sera obligé de les recompter chaque nuit, ou alors, il faut emmailloter le cadavre dans du linge consacré car le vampire ne peut en défaire qu’une maille par an. Sinon, on peut aussi enterrer le défunt à la croisée des chemins : celui-ci ne retrouvera pas le chemin du village et prendra toujours la mauvaise direction (une variante dit que le diable viendra le chercher à cet endroit) ou alors, déposer dans le cercueil un peu de terre de la maison du défunt : il se croira chez lui. Mais ce n’est pas tout ! Il faut aussi déposer de la nourriture et des objets sexuels dans la tombe : le vampire sera comblé et ne sortira pas chercher ce qui lui manque. Plus compliqué, on peut planter des couteaux dans la terre et faire des fumigations de soufre et de citronnier au dessus de la tombe du vampire mais le plus simple et quand même de poser une pierre tombale sur la tombe du vampire, celui-ci ne pourra pas s'asseoir et se lever.
Mais on peut aussi défendre un lieu d’un vampire de la façon suivante : on peint des croix sur les portes, ou tout autre symbole cabalistique protecteur ; souvent, les portes étaient badigeonnées de goudron, et on déposait du sel, du poivre et des épines sur le plancher. Pour plus de sûreté, on peut aussi suspendre des porte-bonheur, ou tout autre objet protecteur dans la maison et surtout au dessus des lits (comme des miroirs...)
Cependant, des vampires rôdent encore et il faut savoir se protéger après une agression : pour ne pas devenir soi-même vampire, il faut manger un peu de terre du tombeau du vampire ou boire un peu de son sang, ou encore s'en frotter le corps.

 

Eliminer un vampire
Se protéger des vampires est une bonne chose mais il existe une façon plus radicale pour éliminer les vampires, c’est tout simplement les éliminer. Pour ça, il faut d’abord repérer la tombe : lors d'une procession dans un cimetière, on fait monter un jeune garçon vierge sur un cheval entier n'ayant jamais sailli, entièrement noir ou blanc. On le fait passer sur toutes les tombes; celle sur laquelle l'animal bute et refuse de franchir est le refuge du vampire.
Pour plus de sûreté on peut faire venir les chiens, ils hurlent à la mort et tombent en arrêt devant le vampire. Les oiseaux ne chantent pas autour de l'endroit ou il repose. Toutes les tombes dont la stèle est cassée ou déplacée sont suspectes, surtout dans les endroits de prédilections du vampire : château, cimetière, catacombes, marais... Une fois la tombe ouverte, de nouveaux indices confirment (ou infirment, plus rarement) si le cadavre suspecté est un vampire ou non : le corps doit être retrouvé en parfaite état de conservation, souple, capable de saigner et gonflé de sang (qui peut lui couler des orifices faciaux), éventuellement en train de changer de peau ou avec des ongles doubles (la preuve qu'il endosse sa nouvelle condition de vampire).
Une fois le vampire identifié, il faut donc l’éliminer. Il faut tout d’abord l’immobiliser avec les objets qu'il craint, puis lui planter un clou ou une aiguille dans la tête et/ou un pieu dans le cœur pour détruire son âme, le décapiter à la bêche ou à la fourche, le vider de son sang, le couper en morceaux, le brûler, il est utile de cumuler toutes les mutilations possible et le "tuer" plusieurs fois, histoire d'être bien sûr qu'il ne reviendra pas.

 

Les vampires célèbres
Le qualificatif de " vampire " fut parfois accolé à des personnages qui n'étaient pas des vampires au sens propre du terme mais dont les penchants pour la violence les rendirent célèbres auprès leurs contemporains au point de les assimiler aux vampires de la légende, comme Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula ou la Comtesse Elizabeth Bartory ou encore, en France, le maréchal Gilles de Rays qui fut accusé d'être un vampire pour avoir tué des centaines d'enfants et de jeunes hommes en se livrant à la magie noire et à la débauche sexuelle. Citons ici quelques exemples de vampires contemporains:
- En 1925, fut décapité le Vampire de Hanovre, Harrmann, qui avait perpétré quelques vingt-sept assassinats, mordant ses victimes à la gorge jusqu'à ce que mort s'ensuive, lapant et buvant le sang jaillissant de la carotide.
- Dans les années 30, le Paris de l'époque vivait sous la menace d'une mystérieuse femme noire qui prélevait tous les soirs sur ses compagnons de fortune quelques gouttes de sang.
- L'année 1931 vit l'exécution du Vampire de Düsseldorf, Kuerten, accusé d'avoir assassiné et bu le sang de vingt-neuf jeunes filles.
- En Angleterre, l'affaire John Haig, dit " le vampire de Londres " est encore dans toutes les mémoires. Haig s'était rendu coupable de neuf assassinats sur la personne d'amis et de diverses connaissances qu'il attirait chez lui dans le seul et véritable but de boire leur sang. Après les avoir mises en confiance et leur avoir offert à boire (boisson dans laquelle il avait soigneusement versé un puissant narcotique), il les tuait en les égorgeant puis buvait leur sang à l'aide d'une paille plantée dans leur veine jugulaire, et il se débarrassait ensuite de leurs corps par dissolution dans un bain d'acide. Dans ses Mémoires, écrits en prison, Haig expliqua l'origine de son goût pour le sang : lorsqu'il était enfant, à l'âge de dix ans environ, il se blessa un jour au doigt avec une brosse métallique. Voyant son doigt saigner, il le porta naturellement à sa bouche, et là, apprécia pour la première fois le goût du sang. Dès lors, cette funeste passion s'empara de lui au point que, lorsqu'il était " en manque ", d'horribles cauchemars le poursuivaient au cours desquels il se voyait errant dans une forêt de crucifix dégoulinant de sang et sous lesquels il tendait une coupe pour la remplir mais n'arrivait jamais à boire. Il s'éveillait alors, la gorge en feu, et devait pour trouver le calme passer à l'acte et trouver une victime. Lors de son arrestation, il était apparu comme un employé de la City typique, avec la moustache militaire, taillée au ciseau de brodeuse, la chemise impressable et l'air avenant mais fut cependant condamné à mort et pendu dans la cour de la prison de Wandsworth le 10 août 1949.
- En 1972, pendant plusieurs mois, la police de Nuremberg rechercha activement l’auteur d’une série de meurtres qui étaient perpétués régulièrement sans que l'on ait pu trouver la moindre trace du criminel. On retrouva plusieurs cadavres vidés de leur sang, ainsi que des tombes mises à sac : il déterrait des femmes récemment inhumées pour leur ouvrir la gorge et boire leur sang avant de les violer. Le criminel s'attaquait à des femmes qu'il assassinait pour boire leur sang et qu'il décapitait ensuite. Son dernier crime fut l’assassinat d'un jeune couple retrouvé dans une Mercedes, sur lequel il réalisa son habituel rite sanguinaire, on les retrouva complètement vidé de leur sang. Il s’avéra par la suite que l'assassin, un ouvrier d'usine de 39 ans, agissait ainsi pour pallier ses difficultés sexuelles avec les femmes.
- En 1990, une vague de terreur déferla sur la région de Milwaukee, aux États-Unis : Jeffrey Dahmer, un jeune homme blond d'une trentaine d'années ramenait chez lui de jeunes hommes qu'il bâillonnait avant de les assassiner pour boire leur sang et manger leur cœur. Après son procès en 1992 où il fut condamné à 957 ans de prison. La maison où il résidait désormais visitée régulièrement fut surnommée " le château de Dracula ".
Mais si l'histoire ne doit retenir que deux noms, ce sont, bien sûr, ceux de Dracula et d'Elizabeth Bartory, les deux plus célèbres vampires.

 

Vlad Tempes dit Dracula(1431-1476)
Le premier vampire dont l'histoire ait retenu le nom et qui inspira romanciers et poètes, fut le prince(et non le comte)Vlad IV dit Dracula, souverain de Valachie, province de Roumanie située entre les Carpates méridionales et le Danube. Vlad est né en Roumanie en 1431. Quand il était encore jeune, Vlad et son frère Radu sont pris en otage et quelques années plus tard leur père se fait tué par les Turcs . Durant la période où Vlad est pris en otage par les Turcs, il apprend leur moyen de torture, l'empalement. Après sa mise en liberté, il régna sur le trône deux mois, mais devra le laisser car il sera traqué.
C'est en 1456 qu'il prend trône jusqu'à sa mort. En 1459 il débuta sa vengeance envers les Turcs près de Brasov, Vlad fait empaler des milliers de soldats et aurait dîné au milieu du champs d'empalés et bu le sang des victimes. Son titre (et non son surnom) de Dracula est un héritage de son père, Vlad III qui l'avait lui-même reçu de l'empereur romain germanique Sigismond de Luxembourg lors de son intronisation au sein d'un ordre chevaleresque et initiatique : l'Ordre du Dragon, dracula correspondant en réalité à un grade de cet ordre qui utilisait des rituels de magie noire. En 1461, il aurait fait prisonniers 20 000 soldats turcs pour ensuite leur réservé le même traitement ils furent aussi empalés. Les chroniques roumaines nous rapportent que partout, sur les places des villages ou aux carrefours des routes, des pals étaient dressés, sur lesquels pourrissaient des cadavres déchiquetés par les oiseaux de proie. Avant une bataille décisive, Vlad IV fit empaler un sur douze de ses soldats, pour leur montrer ce qui leur adviendrait en cas de défaite...
Durant un grand banquet le jour de pâques 1464 il fit 3000 autres victimes. En 1476 Vlad livra bataille contre les Turcs et sera assassiné. Décapité, sa tête aurait alors été promenée par ses vainqueurs dans tout l'empire Ottoman, preuve de sa défaite. En 1971, , on envoya une mission monastère de Snagov où aurait été inhumé Vlad. Après de nombreuses recherches, on découvrit la tombe. Or, elle était vide... En fait, les restes de Vlad IV avaient été transférés et on les découvrit à proximité du porche de la chapelle. Mais l'histoire ne s'arrête pas là : transportés dans un musée de Bucarest, les restes de notre vampire disparurent mystérieusement, ce qui fit frissonner plus d’un : selon la légende, Vlad IV reviendrait un jour pour régner à jamais sur la Roumanie...

 

La comtesse Elizabeth de Bartory (1560-1614)
Apparentée par le sang à Vlad IV et appartenant, elle aussi, à l’Ordre du Dragon, la comtesse d’origine hongroise, resta dans l’histoire pour ses crimes : elle fut coupable de plusieurs châtiments corporels et de crimes de sang. Obsédée par sa beauté et par la jeunesse, elle tenait a les conserver a tout prix. Un jour, une de ses servantes se piqua le doigt et l'éclaboussa de son sang, et, à l'endroit où celui-ci la toucha, sa peau sembla prendre une douceur inhabituelle. Dès ce moment, elle fut persuadée que le sang pourrait lui donner la jeunesse éternelle et insista pour prendre un bain de sang régulièrement, n’hésitant pas a sacrifier des centaines de jeunes femmes de préférence vierges (servantes, bohémiennes, filles du peuple), qu’elle faisait enlever par ses serviteurs puis elle torturait ses victimes de façon a récupérer leur précieuse potion rouge. En effet, obéissant au culte de Sapho, elle ne sacrifia jamais un seul homme.
Très vite, les gens constatèrent que les disparitions coïncidait avec la venue de la comtesse au château et amenèrent les autorités à s'inquiéter des rumeurs qui circulaient. À la suite d'une enquête menée discrètement, on accusa la comtesse. Compte tenu de son rang social, son procès qui avança le chiffre ahurissant de six cent jeunes filles sacrifiées par la comtesse et ses complices, fut rapide et elle fut condamnée à être emmurée vivante dans la chambre de son château de Csejthe où elle survécut 4 ans avant de décéder une nuit du mois d'août 1614. Néanmoins, sa mort ne suffit pas à faire taire les rumeurs et on lui attribua rapidement le qualificatif de vampire.

 

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